Publié le 2026-07-30

La baisse de désir dans le couple est une des raisons les plus fréquentes de consultation en sexologie et en thérapie de couple. Quand l’envie diminue, que ce soit chez une seule personne ou chez les deux, ça peut créer de l’inquiétude, de la frustration, des conflits et parfois même des doutes sur la relation.

Une chose importante à garder en tête : une baisse de désir n’est pas automatiquement un signe que le couple va mal ou que la relation est « finie ». C’est souvent le résultat d’un ensemble de facteurs psychologiques, relationnels, physiques et contextuels. On peut travailler là-dessus, à son rythme, avec ou sans accompagnement professionnel.

Le contenu qui suit a une visée éducative et ne remplace pas une consultation individuelle ou de couple. Si tu te reconnais dans ce qui est décrit et que ça te fait souffrir, il peut être aidant d’en parler avec un·e professionnel·le.

Qu’est-ce qu’on entend par « baisse de désir dans le couple »?

On parle de baisse de désir dans le couple quand une ou deux personnes ressentent moins d’envie pour les contacts sexuels qu’auparavant, sur une période qui dure et qui commence à peser sur la relation.

Cette baisse peut se manifester de différentes façons :

  • moins d’initiatives sexuelles;
  • sentiment d’obligation plutôt que de plaisir;
  • évitement des contacts physiques par peur que ça mène au sexe;
  • relations sexuelles plus rares ou vécues « sur le pilote automatique »;
  • conflits ou non-dits autour de la fréquence des relations.

Il est normal que le désir fluctue au fil du temps. On ne peut pas comparer la sexualité d’un couple ensemble depuis plusieurs années avec la phase de début de relation. Par contre, quand cette baisse devient souffrante pour une ou les deux personnes, c’est un signal qu’il vaut la peine de s’y attarder.

Les idées reçues fréquentes sur la baisse de désir

« Si je désire moins, c’est que je n’aime plus l’autre »

Dans la réalité, beaucoup de personnes continuent d’aimer profondément leur partenaire tout en vivant une baisse de désir. L’amour et le désir ne fonctionnent pas toujours en parallèle. Le stress, la fatigue, des enjeux de santé mentale ou physique, ou encore des tensions relationnelles peuvent affecter le désir même dans une relation solide.

« C’est toujours la faute de la personne qui désire moins »

Le désir sexuel ne se résume pas à une « libido personnelle ». Il se construit dans une dynamique de couple, dans un contexte de vie précis. Pointer une seule personne comme « le problème » crée souvent de la honte et de la pression, ce qui a tendance à diminuer encore plus le désir.

« Un couple en santé doit avoir des relations X fois par semaine »

Il n’existe pas de « bonne » fréquence universelle. Ce qui compte, c’est que chaque personne se sente respectée, entendue et suffisamment satisfaite de sa vie sexuelle. Certains couples ont peu de relations sexuelles et sont très bien avec ça; d’autres ont une fréquence plus élevée. L’important, c’est l’accord mutuel, pas la comparaison avec les autres.

Quelles sont les causes possibles d’une baisse de désir dans le couple?

La baisse de désir est presque toujours multifactorielle. Voici quelques grandes catégories de facteurs qui peuvent entrer en jeu.

1. Le stress, la charge mentale et la fatigue

Au Québec, beaucoup de personnes jonglent avec un rythme de vie chargé : travail, famille, déplacements, responsabilités financières, tâches domestiques. La charge mentale peut laisser très peu d’espace pour le jeu, la spontanéité et l’érotisme.

  • fatigue chronique;
  • difficulté à « décrocher » du travail ou des soucis;
  • impression d’être toujours en mode performance ou urgence.

Dans ce contexte, le corps et le cerveau ne sont pas dans de bonnes conditions pour ressentir du désir. Avant de chercher des « techniques sexuelles », il est souvent utile de regarder comment alléger le stress et la charge mentale au quotidien. L’article « Mieux gérer son stress au quotidien » peut offrir quelques pistes complémentaires.

2. La santé mentale et émotionnelle

Des difficultés comme l’anxiété, la dépression, un burn-out ou un deuil peuvent diminuer significativement le désir sexuel. Quand on est déjà en train de se battre pour simplement fonctionner au quotidien, il est normal que l’énergie disponible pour la sexualité soit réduite.

Si tu te reconnais dans des symptômes d’anxiété ou de dépression, tu peux consulter des ressources comme :

Un accompagnement en psychologie ou en sexologie peut aider à démêler ce qui relève du couple et ce qui relève de la santé mentale individuelle.

3. Les facteurs physiques et médicaux

Certaines conditions physiques ou certains médicaments peuvent influencer le désir : douleurs, changements hormonaux, maladies chroniques, effets secondaires d’antidépresseurs ou d’autres traitements, etc. Dans ces cas, il peut être pertinent d’en discuter avec un·e médecin ou un·e autre professionnel·le de la santé pour voir quelles options sont possibles.

Un·e sexologue ou un·e psychologue peut aussi t’aider à adapter ta sexualité à ta réalité physique, pour que le plaisir et la connexion restent présents, même si certaines choses doivent être ajustées.

4. La dynamique de couple et la communication

La façon dont on se parle, dont on gère les conflits et dont on se sent en sécurité (ou non) dans la relation a un impact direct sur le désir. Par exemple :

  • conflits non résolus ou rancœurs accumulées;
  • sentiment de ne pas être écouté·e ou respecté·e;
  • critiques fréquentes, sarcasme, manque de reconnaissance;
  • déséquilibre dans les tâches et la charge familiale;
  • manque de temps de qualité ensemble en dehors de la sexualité.

Quand on ne se sent pas bien dans la relation, il est difficile de se laisser aller dans l’intimité. La thérapie de couple peut aider à travailler ces aspects relationnels qui se répercutent ensuite sur la sexualité.

5. L’histoire personnelle et la relation au corps

Notre histoire sexuelle, nos expériences passées, notre éducation et notre relation à notre corps influencent aussi le désir. Une personne qui a reçu beaucoup de messages de honte autour de la sexualité, ou qui a vécu des expériences difficiles, peut avoir plus de difficulté à se connecter à son désir.

Dans ces situations, un travail en individuel avec un·e psychologue ou un·e sexologue peut permettre de reconstruire une relation plus douce et sécuritaire avec la sexualité.

Comment parler de baisse de désir avec ton ou ta partenaire?

Aborder le sujet de la baisse de désir peut faire peur. On peut craindre de blesser l’autre, de créer un conflit ou d’être mal compris·e. Pourtant, c’est souvent une étape essentielle pour sortir du malaise et trouver des solutions ensemble.

Choisir un bon moment et un ton bienveillant

Évite d’ouvrir la discussion en plein milieu ou juste après une tentative sexuelle qui s’est mal passée. Choisis plutôt un moment calme, où vous avez un peu de temps devant vous, sans enfants ni distractions majeures.

Tu peux introduire le sujet par des formulations qui parlent de toi plutôt que d’accuser l’autre, par exemple :

  • « J’aimerais qu’on parle de notre intimité, parce que je trouve ça important pour nous. »
  • « Je remarque que mon désir a changé dernièrement et ça m’inquiète un peu, j’aimerais qu’on en discute ensemble. »

Éviter la culpabilisation et la performance

Le but de la discussion n’est pas de trouver « qui a tort », mais de comprendre ce qui se passe pour chacun·e. Essaie d’éviter les phrases du type « tu ne me désires plus » ou « tu es toujours en train de me repousser ». Reste le plus possible dans l’expression de ton vécu : « je me sens rejeté·e quand… », « je me sens sous pression quand… ».

Parler ouvertement de la pression de performance sexuelle (atteindre l’orgasme, avoir une certaine fréquence, « bien performer ») peut aussi aider à relâcher un peu la tension autour de la sexualité.

Se donner le droit d’avoir des désirs différents

Dans beaucoup de couples, les partenaires n’ont pas exactement le même niveau de désir, et c’est normal. L’enjeu n’est pas d’être identiques, mais de trouver un terrain d’entente respectueux pour les deux. Ça peut passer par :

  • des formes d’intimité variées (câlins, massages, baisers, sexualité avec ou sans pénétration, etc.);
  • des négociations sur les moments qui conviennent mieux à chacun·e;
  • un ajustement des attentes de part et d’autre.

Des pistes concrètes pour raviver le désir (ou apaiser la pression)

Il n’existe pas de recette magique pour la baisse de désir dans le couple. Par contre, certaines pistes peuvent aider beaucoup de personnes à retrouver un lien plus vivant et plus doux avec la sexualité.

1. Redonner une place au plaisir (pas seulement sexuel)

Le désir se nourrit du plaisir, de la curiosité et du jeu. Si ta vie est remplie uniquement d’obligations, de responsabilités et de fatigue, il peut être utile de commencer par réintroduire des moments agréables, seuls et en couple :

  • sorties ou activités que vous aimiez au début de la relation;
  • temps de qualité sans écrans;
  • moments de détente individuels pour te reconnecter à ton corps (bain, marche, étirements, etc.).

2. Repenser la sexualité au-delà du « scénario habituel »

Beaucoup de couples ont développé un scénario sexuel assez prévisible : mêmes gestes, même durée, même façon de commencer et de finir. Ça peut rassurer, mais aussi, avec le temps, rendre le désir plus difficile.

Explorer d’autres façons d’être intime peut aider :

  • prendre le temps de se caresser sans objectif de pénétration ou d’orgasme;
  • se concentrer sur les sensations plutôt que sur la performance;
  • nommer ce qui est agréable et ce qui l’est moins;
  • accepter que certaines rencontres sexuelles soient plus « douces » ou plus courtes, sans que ce soit un échec.

3. Travailler sur la connexion émotionnelle

Pour plusieurs personnes, le désir sexuel est étroitement lié au sentiment de proximité émotionnelle. Se sentir vu·e, respecté·e et apprécié·e au quotidien peut faire une grande différence.

Cela peut passer par :

  • se dire plus souvent ce qu’on apprécie chez l’autre;
  • prendre quelques minutes chaque jour pour se raconter sa journée;
  • réapprendre à se toucher de façon non sexuelle (se tenir la main, se coller devant une série, etc.).

4. Considérer un accompagnement professionnel

Quand la baisse de désir dure, qu’elle crée de la souffrance ou des tensions importantes, ou que le sujet est trop chargé pour être abordé seul·e à seul·e, consulter un·e professionnel·le peut être très aidant.

Au Cabinet CSMQ, des psychologues et sexologues offrent des consultations individuelles et de couple, en personne à Chambly ou en ligne pour les personnes situées ailleurs au Québec. La page « Thérapie de couple à Chambly : quand consulter et à quoi s’attendre » donne un aperçu de ce type d’accompagnement.

Si tu te demandes quel type de professionnel·le serait le plus adapté à ta situation, l’article « Qui consulter pour ta santé mentale à Chambly? » peut t’aider à y voir plus clair.

Quand la baisse de désir cache d’autres enjeux

Parfois, la baisse de désir est le symptôme visible d’autres difficultés plus profondes dans la relation ou chez une des personnes du couple. Sans poser de diagnostic, certains signaux peuvent indiquer qu’un accompagnement professionnel serait particulièrement pertinent :

  • présence de violence psychologique, verbale, physique ou sexuelle;
  • sentiment de peur ou d’insécurité dans la relation;
  • pression explicite ou implicite pour avoir des relations sexuelles;
  • conflits récurrents qui tournent en rond malgré les tentatives de discussion;
  • souffrance importante liée à l’image de soi, au corps ou à la sexualité.

Dans ces contextes, il peut être utile de commencer par une démarche individuelle pour te recentrer sur tes besoins, tes limites et ta sécurité avant ou en parallèle d’une démarche de couple.

FAQ – Baisse de désir dans le couple

Est-ce normal que mon désir fluctue au fil des années?

Oui. Le désir sexuel n’est pas stable dans le temps. Il varie selon les périodes de vie, les événements (grossesse, parentalité, changements professionnels, maladies, etc.), l’état de santé mentale et la dynamique de couple. Ce qui compte, c’est comment toi et ton ou ta partenaire vivez ces changements et si vous pouvez en parler.

Combien de temps une baisse de désir doit durer avant de consulter?

Il n’y a pas de durée « officielle ». Tu peux envisager de consulter si la situation dure depuis plusieurs mois, si elle te fait souffrir, si elle crée des tensions importantes dans le couple ou si tu te sens pris·e avec des blocages que tu n’arrives pas à dénouer seul·e.

Dois-je consulter seul·e ou en couple pour une baisse de désir?

Les deux options sont possibles. Certaines personnes préfèrent commencer en individuel pour clarifier ce qui se passe pour elles, puis intégrer leur partenaire par la suite. D’autres choisissent d’emblée la thérapie de couple. Tu peux en discuter lors d’une première rencontre avec un·e professionnel·le, qui t’aidera à voir ce qui serait le plus aidant dans ta situation.

Est-ce possible de retrouver du désir après une longue période de baisse?

Beaucoup de couples rapportent qu’ils ont réussi à retrouver une sexualité plus satisfaisante après une période de baisse de désir, parfois en la redéfinissant complètement. Ça demande souvent du temps, de la communication et parfois un accompagnement professionnel, mais ce n’est pas parce que le désir a diminué qu’il est « perdu pour toujours ».

En résumé : la baisse de désir, un signal à écouter, pas une condamnation

La baisse de désir dans le couple est fréquente et multifactorielle. Elle ne dit pas tout de la qualité de ta relation, ni de ta valeur personnelle. La voir comme un signal à écouter plutôt que comme une condamnation peut ouvrir la porte à des ajustements, à de nouvelles façons d’être intime et, au besoin, à un accompagnement professionnel.

Si tu souhaites en parler avec un·e psychologue ou un·e sexologue, que tu sois sur la Rive-Sud, à Longueuil, à Chambly ou ailleurs au Québec, tu peux communiquer avec l’équipe du Cabinet CSMQ ou prendre rendez-vous via la page contact. Ensemble, il est possible d’explorer ce qui se passe pour toi et dans ton couple, à ton rythme, dans un espace sécuritaire et sans jugement.

Baisse de désir dans le couple : causes et pistes concrètes