Qu’est-ce que le deuil ?

Le deuil signe la rupture du lien émotionnel avec l’être aimé. Cela entraîne de facto le processus de cicatrisation du lien coupé. C’est en cela que consiste le processus de deuil. C’est une incroyable intelligence qui sait exactement comment procéder pour cicatriser la blessure intérieure et préserver l’intégralité du psychisme.

L’intensité du deuil est proportionnelle au degré de l’attachement à la personne disparue.

Il n’existe pas de deuil type, de normes absolues, le deuil est une expérience unique pour chacun. Donc il n’y a rien « d’anormal » dans ce qui est vécu.

Tout d’abord, dans le cheminement solitaire du deuil, l’accompagnement par des proches, des associations ou encore des professionnels psy est capital. Cela soulage la peine de la personne endeuillée et facilite un déroulement harmonieux du deuil.

Ce soutien l’aide à entreprendre le « travail de deuil », une démarche volontaire indispensable pour accompagner le processus naturel de cicatrisation.

Se confronter avec authenticité aux émotions est ce qui permet de se libérer de leur étreinte. Ensuite, en acceptant peu à peu de se confronter à la violence de l’absence de l’être cher, la personne en deuil réapprend à rencontrer l’être aimé autrement. Elle construit un nouveau lien intérieur avec lui.

Il faudra du temps pour que la personne en deuil arrive au bout du tunnel mais éventuellement elle y arrive, c’est une certitude. Lentement elle sera en mesure de commencer à entrevoir un retour à la vie, de reconstruire harmonieusement son existence. Il devient possible de vivre sans la présence de l’être aimé, mais quand même en lien intime avec lui pour toujours.

Que savez-vous du processus de deuil ? Laissez-vous guider par notre questionnaire, vous recevrez une réponse personnalisée qui vous aidera à mieux comprendre ce que vous vivez actuellement.

Les quatre phases du deuil

Si l’expérience du deuil est unique pour chacun, son déroulement est identique pour tous : en quatre étapes.

Phase 1  : le choc, la sidération

En premier lieu, à la nouvelle du deuil la personne endeuillée est dans un état d’incrédulité, voire de déni radical. Nul doute que des mécanismes de protection se mettent en place pour préserver sa conscience de l’énormité de ce qui vient de se passer.

Phase 2 : la fuite, la recherche

Deuxièmement, la personne endeuillée mobilise une énergie colossale pour tenter de fuir la souffrance (travail assidu, hyperactivité, addictions diverses…). Clairement, elle recherche et tente de préserver, coûte que coûte, la relation interrompue avec l’être aimé : besoin de toucher ses vêtements, sentir son odeur, regarder ses photos et vidéos, entendre sa voix…

Phase 3 : la déstructuration

Par la suite, la personne endeuillée comprend que sa relation extérieure avec l’être aimé est définitivement rompue, que c’est irrémédiable. La douleur peut atteindre un paroxysme inédit, avec un vécu dépressif dans lequel les émotions ont une intensité considérable. Il y a une totale perte de repères et de structure, un profond sentiment de solitude.

Phase 4 : la restructuration

Finalement, peu à peu un lien d’une autre nature est en train de se renouer entre la personne endeuillée et l’être aimé. Au fur et à mesure, la relation extérieure fait place à une relation intérieure. Lentement, la personne endeuillée commence à entrevoir la possibilité d’un retour à la vie. À cet égard, elle redéfinit sa relation à elle-même, à autrui et au défunt.

Pour savoir où vous en êtes dans votre parcours de deuil, nous vous invitons à répondre à notre questionnaire. Vous recevrez des repères qui pourront vous aider.

Les émotions vécues pendant le deuil

Le deuil est un processus fondamentalement émotionnel. Il est indéniable que la personne endeuillée vit des émotions d’une rare intensité. Comme on peut s’y attendre, la peur, l’anxiété, la culpabilité, la colère, l’irritation, la révolte, le vécu dépressif… prennent d’assaut avec force la personne endeuillée pendant des semaines, des mois, voir des années. Bien évidemment, avec une durée, une puissance et un rythme uniques pour chacun.

Certes, accepter et exprimer ses émotions est le plus sûr chemin pour cicatriser le lien émotionnel rompu avec l’être cher. L’écoute bienveillante d’un proche ou d’un aidant, ou l’écriture favoriseront l’expression de ces émotions.

Répondre aux trois questions essentielles du travail de deuil est également une aide considérable, ce sont de véritables outils thérapeutiques.

En général, le deuil réactive les souffrances passées des ruptures, pertes et séparations vécues dans l’enfance et la vie d’adulte de la personne endeuillée. C’est toute son histoire personnelle qui constitue le prisme à travers lequel elle va percevoir et vivre son deuil.

Grâce à l’œuvre conjointe du processus de deuil et du travail de deuil, la personne endeuillée va vivre une alchimie intérieure qui la transformera à jamais. Prendre soin d’elle-même avec patience et bienveillance est ce qui la conduira progressivement et assurément vers l’apaisement.

Quelles émotions vivez-vous actuellement ? Parcourir notre questionnaire vous conduira vers une réponse personnalisée qui pourra vous aider à y voir plus clair.

Un sujet tabou

Il est étonnant de constater combien la mort est un sujet tabou dans notre société, alors qu’elle est une expérience partagée par tous. Effectivement, aujourd’hui plus de 80 % des individus décèdent dans les hôpitaux, la mort est cachée, exfiltrée de la communauté humaine. Autrefois les personnes décédaient chez elles à la maison. Des rituels comme les veillées funèbres permettaient de réunir la famille et les proches autour du corps exposé à la vue de tous pendant plusieurs jours. Il y avait une proximité et une familiarité avec la mort.

Aujourd’hui, tout comme la naissance, la mort a quitté le domicile. Ce faisant c’est tout un savoir ancestral qui a disparu, entraînant dans son sillage la peur, l’anxiété, l’ignorance de ce qu’est le deuil et la perte de sentiment d’appartenance à la communauté humaine.

Évacuer la mort c’est la réduire au silence, c’est aussi taire le deuil. Or ce vide, la société le comble par des présupposés et des injonctions inappropriées qui ajoutent de la souffrance à la souffrance.

Il faut libérer la parole, informer sur ce qu’est le deuil, convier ses proches à partager le vécu de ce parcours intime et douloureux. Restituer les rituels communs et individuels c’est redonner du sens à ce passage ultime. Cela contribue à faire émerger des repères psychologiques, sociaux et spirituels qui soudent une communauté. Et qui apaisent la douleur de la personne endeuillée.

N’hésitez pas à demander de l’aide pour vous accompagner dans votre deuil. Prenez rendez-vous dès maintenant avec l’un de nos professionnels de la santé mentale en cliquant ici.

Source: https://mieux-traverser-le-deuil.fr/le-deuil