Une remarque de ton conjoint, un courriel du patron, la vaisselle laissée sur le comptoir, et voilà que le ton monte plus vite que tu ne l'aurais voulu. Après coup, il reste souvent un malaise, parfois de la honte, et la promesse de « faire attention la prochaine fois ». La gestion de la colère ne consiste pas à devenir quelqu'un qui ne se fâche jamais. Il s'agit plutôt de reprendre la main sur ce qui se passe entre le déclencheur et ta réaction. Voici comment un travailleur social peut t'accompagner dans cette démarche, que tu habites Longueuil, ailleurs sur la Rive-Sud ou n'importe où au Québec.
Se fâcher n'est pas le problème; l'escalade, oui
Ressentir de la colère fait partie de la vie. Cette émotion apparaît quand une limite est dépassée, qu'une situation semble injuste ou qu'on se sent impuissant. Elle peut même être utile : elle pousse à défendre ses droits ou à dire non.
Les difficultés commencent quand l'intensité ne colle plus à la situation, ou quand la réaction laisse des traces : des paroles blessantes, une porte claquée, une relation qui s'abîme, un climat tendu à la maison. Il y a aussi la colère qu'on retient pendant des semaines et qui finit par sortir d'un coup, sur la mauvaise personne.
Une bonne gestion de la colère vise donc trois choses : remarquer plus tôt que ça monte, choisir ta réponse plutôt que la subir, et réparer quand ça a dérapé.
Ce qui garde la mèche courte au quotidien
On cherche souvent l'explication de ses réactions dans son caractère. Pourtant, la colère se nourrit beaucoup des conditions dans lesquelles on vit. Quelques exemples fréquents :
- un manque de sommeil qui dure depuis des mois;
- une surcharge au travail ou une charge mentale mal répartie à la maison;
- des soucis d'argent ou des démarches administratives qui traînent;
- un rôle de proche aidant qui gruge tout ton temps libre;
- des conflits familiaux qui reviennent toujours au même point.
Quand plusieurs de ces éléments s'additionnent, la marge de tolérance fond. Une petite contrariété suffit alors à faire déborder ce qui s'est accumulé. Si tu reconnais là surtout de l'épuisement, notre article sur le stress au quotidien peut t'aider à faire le point.
Le rôle du travailleur social dans la gestion de la colère
Nos travailleurs sociaux sont membres de l'Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec (OTSTCFQ). Leur force, c'est de regarder ta colère dans son contexte : tes relations, ton emploi, ta famille et les ressources dont tu disposes.
Concrètement, une démarche peut inclure :
- repérer tes déclencheurs personnels et les situations où ils reviennent;
- reconnaître les signes physiques qui annoncent l'escalade (mâchoire serrée, chaleur au visage, voix qui monte);
- trouver des façons d'exprimer un désaccord sans attaquer;
- t'aider à poser des limites claires avant que la frustration s'accumule;
- agir sur les sources concrètes de pression, par exemple organiser une demande d'aide, revoir une répartition des tâches ou préparer une discussion importante.
L'idée n'est pas de te faire la morale. C'est de comprendre ce qui se passe pour toi et de bâtir, avec toi, des stratégies qui tiennent dans ta vraie vie. Pour voir comment se déroule ce type de suivi, lis notre article sur l'accompagnement psychosocial.
Avant, pendant, après : trois moments à travailler
Avant. La plupart des explosions ont des signes avant-coureurs. Apprendre à les reconnaître te donne quelques secondes de plus pour choisir. Tenir un petit journal des épisodes (où, avec qui, ce qui s'est dit, ce que tu ressentais) aide souvent à voir des tendances.
Pendant. Le but est d'interrompre la montée. Ça peut être de prévenir l'autre que tu as besoin d'une pause, puis de revenir à la discussion plus tard. Une entente de « temps d'arrêt » discutée à froid avec tes proches fonctionne mieux qu'une improvisation en pleine dispute.
Après. Reconnaître ce qui s'est passé, t'excuser si tu as blessé quelqu'un et revenir sur le fond du désaccord une fois calmé. Cette étape répare le lien et diminue la culpabilité qui, elle aussi, peut nourrir le prochain épisode.
Quand la colère touche ton couple ou tes enfants
Si tes réactions inquiètent ta famille, ou si tu sens que ta colère fait peur, c'est un signal à prendre au sérieux, sans te juger, mais sans attendre. Un travailleur social peut t'aider à protéger tes liens et à retrouver un climat plus serein à la maison.
Quand les tensions viennent surtout de la dynamique de couple, nos thérapeutes en relation d'aide accompagnent aussi les couples en difficulté. Et si la colère prend la forme de menaces, de contrôle ou de gestes violents, il s'agit de violence conjugale ou familiale : notre article sur l'aide en cas de violence conjugale présente les ressources. Les hommes qui veulent changer des comportements violents peuvent aussi se tourner vers le réseau À cœur d'homme.
Vers quel professionnel te tourner?
Chaque professionnel a son rôle, et aucun n'est « meilleur » que l'autre :
- Travailleur social : il agit sur la colère en tenant compte de ton contexte de vie et des ressources autour de toi. C'est le fil conducteur de cet article.
- Psychologue : il peut évaluer si la colère s'inscrit dans une difficulté plus large, comme un trouble anxieux, une dépression ou un vécu traumatique, et offrir une psychothérapie. Voir nos psychologues.
- Thérapeute en relation d'aide : il offre un espace d'écoute pour mieux comprendre tes émotions, seul ou en couple.
La colère cache parfois autre chose. L'irritabilité peut accompagner l'anxiété ou un état dépressif. Nos articles sur le traitement de l'anxiété et la dépression en parlent. Si tu ne sais pas par où commencer, notre équipe peut t'orienter dès le premier appel.
Consulter sur la Rive-Sud ou à distance
Nos travailleurs sociaux te reçoivent en personne à notre clinique de Chambly, à quelques minutes de Longueuil, de Brossard, de Saint-Bruno ou de Saint-Jean-sur-Richelieu. Tu peux aussi les rencontrer en visioconférence, en français ou en anglais, peu importe où tu vis au Québec. Notre article sur le travailleur social en ligne décrit ce format.
Les honoraires d'un travailleur social sont souvent couverts en partie par les assurances collectives; vérifie ta couverture avec notre article sur le remboursement par les assurances. Notre équipe répond du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h, ainsi que le samedi matin.
Besoin d'aide tout de suite?
Si tu crains de perdre le contrôle ou que quelqu'un est en danger, compose le 911. Le 811, option 2 (Info-Social), te permet de parler à un intervenant à toute heure. Si des idées suicidaires apparaissent, appelle ou texte le 988. Notre page de soutien d'urgence regroupe d'autres ressources.
Un premier pas vers plus de calme
Vouloir mieux gérer ta colère, c'est déjà prendre soin de toi et des gens que tu aimes. Tu n'as pas à attendre que la situation empire. Découvre l'approche de nos travailleurs sociaux, puis prends rendez-vous en ligne ou appelle-nous au 450 489-0882.
Cet article est fourni à titre informatif. Il ne remplace pas une évaluation ni un suivi avec un professionnel.


